La parentification

 

L'enfant parentifié se charge de « porter les valises des parents ». Expert en besoins parentaux, il se pose comme thérapeute et soutien de sa famille se dévouant plus qu'il n'est délégué à réparer les blessures des adultes et à mettre en oeuvre leurs rêves abandonnés. 

Sensible aux blessures narcissiques, existentielles de ses parents, il se veut le réparateur de leurs  angoisses. Il s’assigne l’office de soutenir ses ascendants dans leur foi, leur idéologie ou même de les  venger. Il se charge de la mission de rétablir de l'ordre dans le monde comme si le parent attendait de lui une direction à la vie?

L'enfant apportant essaie de soutenir les relations entre les adultes. Souvent, pour ses parents abimés, il est le seul point de fiabilité dans le monde.

Jusqu'à quel point un enfant petit-il donner quelque chose qui n'a jamais été demandé, rêvé, formulé par les parents et alors comment recevoir ce qui n'a jamais été souhaité?

 

Sans merci, l'enfant apportant, ne se sent pas essentiel à sa famille, il se vit comme superflu. Il  n'a pas les mots pour dire ce qu'il donne, il reste captif de la non reconnaissance de ses gestes et dons. Peut-il continuer à donner sans fin ni mesure, à fonds perdu?

D'autant plus que « chacun d'entre nous grandit avec une certaine mesure d'injustice qui vient du fait que nous voulons donner plus que nous pouvons par rapport à notre âge » dit Boszormenyi-Nagy.

Quel est, alors, le rôle du parent pour aider l'enfant à être ce sujet « apportant», reconnu dans sa contribution. Chaque parent a la possibilité de valider et de soutenir le besoin de donner de l’enfant en formulant une demande, elle inaugure un cycle de donner, recevoir, rendre entre lui et l’enfant. Mais, où réside la limite entre exploiter l'enfant et lui offrir une possibilité de  donner? Il y a de surcroit, une question entre ce qui est nécessaire d'un point de vue psychologique et ce qui est équitable.

Qu'est-ce qui va aider l'enfant dans l'expérience d'actes responsables envers les siens?

Si l'enfant bénéficie de donner, quels sont les critères qui constituent le trop donner? 

Comment un consultant peut aider les parents à reconnaitre les contributions de l’enfant, comment peut-il aider l’enfant à soutenir ses parents? Quel chemin peut-il prendre pour ne pas le laisser seul dans la tache  à laquelle il se consacre?

Proposer de s'exprimer en famille sur la parentification, c'est un premier pas vers la maturité pour rechercher une non dépendance loyale.

Qu'est-ce qui te fais du soucis dans ta manière de contribuer à la vie de ton (tes) parent(s), dans la manière d'aider tes parents?

Serait-il juste de dire que vous n’avez pas eu la chance de vivre une enfance (adolescence) dans votre famille d’origine, pouvez-vous formuler des détails ?

Quelle est (était) votre propre manière d'aider vos parents, pouvez-vous donner des exemples ?

Pensez-vous rétrospectivement, avoir été un enfant « trop sage » dans le but de ne pas perturber vos parents ou provoquer de la tristesse, (déceptions, conflits entre-eux ou leurs colères)?

Que diriez-vous rétrospectivement, aujourd'hui, de votre contribution d’enfant dans votre famille d’origine…(dans la famille recomposée d'un de vos parents)? 

Quelqu'un dans votre famille a-t-il tenté de vous protéger du soutien massif exercé envers tel parent ?

Enfant, combien pensiez-vous devoir à vos parents? Estimez-vous avoir trop payé ?

Pensez-vous avoir payé (donné) plus que vous n'avez reçu ? Pensez-vous que cette question difficile a un sens pour vous?

Vous dites: « je n’oblige pas mon enfant à être redevable comme mes parents le faisaient». Il faut du courage pour ne pas demander à un enfant ce que les parents ont exigé de nous durant notre enfance. Est-il possible de contenir le chagrin provoqué par cet effort?


Vous rappelez-vous d'une situation où votre enfant s'est montré, utile, concerné ou préoccupé à votre égard ?

Pensez-vous que des enfants, (des petits-enfants) peuvent se sentir concernés par la souffrance des adultes, (des parents et grands-parents) ? 

Pensez-vous que des enfants peuvent avoir de la disponibilité, de la présence pour aider des adultes en difficultés?

Pouvez-vous citer un exemple où votre fils dans la délinquance est concerné par vous. Pouvez vous vous rappeler comment agit-il quand vous êtes malheureuses?

 

Comment te préoccupes-tu de ta mère de ta mère naturelle...(.de ton parent qui t'a abandonné, de ton père qui ignore ton existence )? 

 

Tu prends davantage de responsabilité que ton parent dans la situation de ta naissance en refusant de poser des questions embarrassantes (ou de rencontrer votre père ou votre mère). 

Pouvez-vous donner un exemple où vous avez tenté d'être un « bon enfant »  pour un parent, pour vos deux parents ? Avez-vous pu en parler à quelqu'un ?

Avez-vous ou tenez vous rigueur de l'absence de reconnaissance de vos contributions comme  enfant ?

Avez-vous été un enfant pour vous-même ? Un enfant pour votre….. (mère, père ou grand-père )?