Le crédit, la reconnaissance

 

C'est là l'invention de la thérapie contextuelle. Le dialogue incite les membres de la famille à s'accorder entre-eux du mérite, de la validation. L'extrême nouveauté de l'approche contextuelle est la découverte et la validation de l'enfant apportant. Elle exige une parole qui certifie ses tentatives de contributions et de soins.

Qui a le pouvoir ou le monopole de la parole comptable, qui donne quittance qui décrète quelle voix énonce le sens de l'échange au sein d'une relation familiale ?

Comment parler dans l'entretien de l'engagement des enfants dans la résolution des problèmes ? Les questions du consultant sur les contributions des enfants sont toujours un challenge à l'autorité parentale.

L'absence de validation provoque un rapport problématique à sa propre valeur, l'enfant sans comptes approuvés, non cautionné dans ses contributions, se vit comme superflu. 

La clinique contextuelle montre qu'on supporte difficilement, nous les adultes, un enfant qui donne voire qui nous surpasse en générosité.

L'absence de crédit lèse  le sujet d'un respect de lui-même, rend inaccessible son histoire d'enfant engagé.

L'enfant non reconnu est en risque de ne plus se sentir soutenu dans sa propre vie, dans ce qui lui apparaît humain ; confirmer, valider, créditer un don « assure » l’enfant d'une  réalisation de soi.

Comment chacun exprime sa reconnaissance par un retour direct par des mots? Comment chacun accorde-t-il du crédit à l'autre dans le lien.

 

Comment votre enfant est-il utile à la famille, à tel membre de la famille……qu’est-ce que le parent pense d’une telle question ?

Comment voyez-vous que votre enfant vous aide?

Comment pouvez-vous vous appuyez sur l’enfant, Pouvez-vous donner un exemple?

Comment votre parent se manifeste-t-il par rapport à votre disponibilité ?

Qu'est-ce que dit ou fait ton parent quand tu l’aides?  Est-ce que je lui demande ou tu veux ajouter quelque chose maintenant ?

Vous est-il possible d'accepter l’aide, le soutien de votre enfant lorsque vous êtes en difficulté?

Que remarquez vous que l'enfant tente lorsque vous êtes en difficulté, en souffrance ?

Quelle est la souffrance pour laquelle votre enfant tente de vous venir en aide ?

Qu'est-ce que tu fais, qu'est-ce que tu voudrais faire lorsque ton parent…. pleure, (est triste, en difficulté) ?

Est-ce que tu as une idée, de ton point de vue d’enfant de ..x..ans  de ce qui pourrait aider ton parent, de quelqu'un qui pourrait le soutenir?

Lorsque tu t'approches de ton parent pour l’écouter, tenter de le soutenir, est-ce qu'il accepte, qu'est-ce qu'il te dit ou fait, peux-tu te le rappeler et l'expliquer ?

Il est très important que tu veuilles écouter ton parent, cela doit l’aider même si il est incapable ou ne veut pas formuler quelque chose, il doit sentir que tu prends soin de lui; est-ce que tu peux parler à ton frère ou à ta sœur quand tu te sens triste parce que tu n'arrive pas à aider ton parent ?

 

Quand  l’enfant vous serre dans ses bras, (tend un dessin, prend votre main),    croyez-vous qu'il veut quelque chose pour lui ou qu'il veut donner quelque chose, je me pose la question en tant que consultant, je vous la pose à vous-même, est-ce qu'il n'essaie pas de vous apporter quelque chose ?

 

T’est-il arrivé de demander de l'aide à un adulte pour l'un de tes parents ?

Quand vous étiez enfant, avez-vous connu quelqu’un, un adulte qui a reconnu et accepté ce que vous tentiez de donner à vos parents en difficultés ou au contraire étiez-vous blâmé par l'entourage, (ou les enseignants les travailleurs sociaux, les psys) ?

Parler de comment tu aides ton parent, tu crois que ça l'enfonce ou que cela le soutient davantage?

Crois-tu que tu arrives à faire que ton parent se sente mieux dans cette situation ?

Pouvez-vous trouvez un exemple où votre enfant vous est venu en aide?

Pouvez- vous donner un exemple où votre enfant se montre protecteur envers un autre enfant de la famille, qu'il soit plus âgé ou plus petit?

Si vous vous souvenez d’une occasion où votre enfant a tenté de vous soutenir, pouvez-vous vous rappeler ce que vous lui avez dit à ce moment-là?

Pensez-vous qu'il est possible pour un enfant de cet âge de vous soutenir.. (de soutenir son  autre parent) ?

Au-delà des services quotidiens, (mettre la table, descendre la poubelle) y a-t-il un aspect plus spécifique dans lequel votre enfant vous aide (écoute et soutien psychologique, présence empêchant le parent d’un geste suicidaire) ?

Quelqu'un dans la famille reconnaît-il votre effort ou le considère-t-il comme naturel, normal, allant de soi?

Quelles sont les choses ou vous pouvez complimenter votre enfant?

Est-ce difficile pour vos parents de vous faire des compliments ?

Pensez-vous que ça fait une différence importante  si vos contributions sont reconnues ou pas par le bénéficiaire?……..

Pourquoi refusez-vous de considérez la réussite de votre enfant comme un juste retour de ce que vous avez fait pour lui ?

La disponibilité de votre enfant était-elle semblable du temps de la présence de votre conjoint ?

Depuis la séparation du couple est-ce que l’enfant a tenté de restaurer une place à chaque parent ?

Votre vécu d'inutilité dans votre couple, malgré tout vous efforts, ne viendrait-il pas d'expériences plus anciennes, expériences passées où vous avez fait de votre mieux, vous avez utilisé toutes les capacités de votre âge, de réflexions sans résultat, vous vous êtes épuisé à donner en vain?

Comment vous êtes-vous débrouillé avec le « fardeau » d’un parent vivant à travers vous, il y a encore beaucoup à en dire ?

Je suis impressionné parle fardeau que vous portez pour la famille, je ne sais pas très bien où aller avec ce point.

Est-ce que ça aide ton parent, de te voir comme une personne capable de lui donner, de l’aider ? 

Avez-vous tenté, enfant, d’apporter une aide dans la situation de votre famille origine…(migration, déclassement social, maladie dans la fratrie etc.) Avez-vous rétrospectivement l'impression d'avoir beaucoup soutenu vos parents?

Vous pouvez donner des exemples de votre enfance où vous avez fait des tentatives pour permettre à vos parents de vivre l'un avec l’autre? Avez-vous été critiqué, blâmé ou reconnu,  soutenu dans ses tentatives ?

Au cours de votre enfance, vous l'avez répété maintes fois, vous vous êtes trouvé dans des situations avec de nombreuses « prises de responsabilités », vous vous êtes débrouillé pour gérer des problèmes, vous avez pensé, tenté des choses et malgré cela vous n'avez pas été reconnu comme « apportant », vos gestes n’ont jamais été pris en compte, actuellement vous retrouvez-vous dans une situation semblable, vous vous engagez, vous n'êtes pas reconnu,  il vous arrive de vous penser superflu ?

 

À partir de quoi votre confiance d’enfant a subi le plus de dommages ?

Quand votre....  votre enfant .....  formule qu'il a confiance en vous, Y a-t-il une tension particulière?

Votre confiance gravement endommagée avec votre ex-partenaire, interdit-t-elle de faire confiance à  un(e) autre partenaire?

L'expérience de l'irréparable, de l'injustice irréversible envers un membre de la famille affecte les proches dans les possibilités de donner, demander ou de recevoir.

 

Jusqu'à quel point avez-vous été en danger par la lourde tache de soutenir la vie de l’un vos parents ?

Le fait que vous ayez…… ( élevé vos frères et soeurs, interrompu vos études) depuis le départ de l'un de vos parents a-t-il été considéré…( par ceux-ci, le reste de la famille) comme normal, allant de soi ou une manière de donner ?

Qu'est-ce qui vous a le plus lésé dans votre famille d'origine (ou actuelle)?

Qu'est-ce qui vous a le plus lésé? Est-ce-le fait de vous être beaucoup engagé pour soutenir la vie de vos frères et sœurs plus jeune..(d’un parent) ou de ne pas avoir été reconnu ni soutenu pour cette prise en charge durant votre adolescence?

En  prenant en compte ce que vous venez de dire, est-il juste de considérer que vous avez été plus blessés que vos enfants ne le seront jamais? 

Est-il facile de donner plus à votre enfant que vous avez reçu enfant? Pouvez-vous donner un exemple allant dans ce sens ?

Comment est-il possible de trouver une limite dans votre générosité envers votre enfant, vous qui formulez que vous avez peu reçu de vos propres parents ?

 

La réciprocité, la vigilance du jeune envers son parent est la spécificité de la parentalité humaine. Un enfant qui ne peut pas donner de quoi est-il privé ? Comment les adultes peuvent être vigilants à aider l'enfant à supporter la frustration à ne pouvoir aider ou réparer le monde qui a été injuste pour ses parents.

Le plus souvent au début d'un entretien je m'adresse aux adultes mais je sens que pour votre enfant, il est très difficile de voir son parent pleurer, (être ému…etc) je vais demander comment te sens-tu quand tu vois ton parent dans cet état?  Qu'est-ce que tu essayes de faire?

Pouvez-vous rappeler un moment où votre enfant a tenté de vous venir en aide, de vous consoler et vous lui avez dit « va jouer ce n'est pas de ton âge», « tu ferais mieux de travailler à l’école » comme il vient de le dire, vous vous souvenez d'une telle occasion? Vous rappelez-vous de ce que vous dites quand il tente de vous venir en aide, de vous consoler?

Comment vous débrouillez-vous avec votre enfant qui se montre tellement responsable envers vous? Vous en discutez, vous le remerciez, vous ne dites rien ?

À ton avis, ton parent a-t-il eu à prendre soin de son parent, (ton grand-parent), comme tu le fais, maintenant ?

 

Bien souvent la façon dont nous essayons d'être parent est en relation avec la manière dont nous avons été traités comme enfant.

Peut-on faire un parallèle entre votre jeunesse et celle de vos enfants ? 

As-tu une idée de comment cela s'est passé à ton âge pour.. ton papa, ( ta maman) ?

Avez-vous moins de liberté par rapport à votre enfant, pouvez-vous… ( pleurer, crier), comme  votre parent le faisait devant vous ?

Comment comptez-vous sur le soutien de votre enfant, pouvez-vous préciser ?

Qui de vos enfants peut davantage vous venir en aide à l'occasion de tel événement….(deuil, maladie, echecs etc..) ? 

Quand vous tombez bas, est-ce que vous pensez à en parler à votre enfant, pouvez-vous donner un exemple  ?

Êtes-vous inquiet pour quelqu'un de votre  famille depuis que vous êtes parti…(à l'internat, à l’étranger) ?

Comment réagissez-vous lorsque votre enfant vous demande de ne  pas vous faire de souci ?

 

Ta manière d'aider ton parent te crée-t-elle des soucis, te fait problème? Peux-tu dire quelque chose autour de quoi est-ce difficile ?

Essaies-tu d'aider ton parent dans un endroit où sa souffrance a à voir avec tes difficultés ?

 

Penses-tu que ça aide ou gêne ton parent de te voir comme une personne capable de le soutenir et apte à donner ?

arler de l’aide que votre enfant vous apporte, vous soutient ou vous  enfonce ?

Qu'est-ce qui te fait du souci dans la manière de soutenir, de contribuer à la vie de tes parents ?

Quelles sont les tentatives de donner qui ont échoué, sont restées vaines ou inefficaces dans la relation à……

Auriez-vous remarqué si votre enfant se fait des reproches, se blâme pour la situation dans laquelle se trouve votre famille ?

Te reproches-tu d’avoir fait des choses pour endommager la famille, peux-tu expliquer ?

Est-ce que vous avez l'impression de gagner quelque chose pour vous, en écoutant votre enfant, au sujet du soutien qu'il vous accorde?

Comment comprenez-vous que votre enfant.. adoptif (ou abandonné par un parent à sa naissance) soit aussi vigilant envers ce  parent qui l’a ignoré et ne veuille pas perturber sa vie actuelle (par exemple en signalant son existence) ?